Série “Portraits de Femmes Expatriées”

Sandrine, l’expatriation en Autriche et le célibat géographique

1-Je te laisse te présenter en quelques mots…

Sandrine, 47 ans, Maman de 3 enfants de 20, 18 et 16 ans (2 sont à Vienne avec moi et 1 étudie en Angleterre). Passionnée d’écriture, je tiens le blog la Plume d’Isandre isandreblog.com, anime un atelier d’écriture pour l’association Vienne Accueil vienneaccueil.net et je suis rédactrice et éditrice Web.

 

2-Qu’est ce qui t’a amené à partir en expatriation, raconte-nous ton parcours?

C’est ma 3ème expatriation, j’ai auparavant vécu (il y a longtemps) 1 an à Rome avec mes parents, et à Genève avec mon mari et mes enfants. Deux de mes enfants et moi sommes venus en Autriche pour nous mettre sur le parcours de mon mari qui travaillait en Suisse et en Ukraine, parce que l’Autriche était au milieu, que c’était Vienne, une capitale pleine de richesses culturelles à découvrir et dans l’idée d’améliorer nos connaissances de l’allemand. Nous voulions voir si cela facilitait les choses par rapport aux déplacements de mon mari.

 

3-Pourquoi ce pays ?

Un des critères qui a été déterminant pour notre départ était l’existence d’un lycée français pour les enfants (ceux qui sont venus en Autriche, bien sûr), qui étaient en 4ème et 1ère au moment de notre arrivée. Et sinon, les raisons évoquées dans la réponse précédente.

 

4-Qu’as-tu appris sur toi grâce à cette expérience ?

Qu’en fait je n’avais pas que des lacunes en grammaire en allemand mais aussi un manque de vocabulaire 😉 ! Que si je ne suis pas une aventurière, car je ne suis pas du tout téméraire et aime le confort, j’aime beaucoup explorer, visiter, découvrir surtout si je me sens en sécurité. Que je suis capable de changer complètement de vie et de pays très rapidement (mais pas pour partir n’importe où). Et aussi que j’avais déjà été expatriée, et que j’avais déjà vécu des difficultés liées à l’expatriation. Cela a été une découverte, car comme j’étais à Genève, près de la France, je n’avais pas l’impression « d’être loin »  (et je ne l’étais pas d’ailleurs), mais c’était déjà quand même un changement de pays. Mais à l’époque je n’étais pas dans des groupes d’expatriés qui pouvaient me permettre de me rendre compte que d’autres vivaient les mêmes choses que moi.

 

5-As-tu rencontré des difficultés ? Quelles sont-elles ? Comment les as-tu dépassées ?

Oui, car j’ai beaucoup de problèmes de santé. Pas encore tous dépassés, mais on va dire avec persévérance, le soutien de mes amis, autant ceux que j’avais avant que ceux que je me suis fait à Vienne (et des amis rencontrés sur le net aussi), de ma famille, et l’écoute de mon mari.

Je n’ai pas non plus de facilités en allemand, bien que je l’ai appris au lycée, en 2ème langue vivante et que je sois allée souvent en Bavière quand j’étais adolescente. Je faisais d’ailleurs un blocage avant de venir en Autriche et n’arrivais plus à parler cette langue, même si je la comprenais un peu. Là, ça a été par la technique de « je me jette et je plonge » et je ne lâche rien, les conversations allemandes de l’Association Vienne Accueil m’ont bien aidée ainsi que mes tandems (c’est à dire des Autrichiennes qui ont accepté que l’on échange : elles m’aidaient en allemand et je les aidais en français. C’était très intéressant aussi pour mieux comprendre la culture, vraiment un très bon système).

J’ai vraiment aussi trouvé très étrange (et très inquiétant) au début de m’installer dans un pays où je ne connaissais vraiment personne à mon arrivée (et à ce moment-là, mon mari se trouvait en Ukraine).

Enfin, je ne suis toujours pas une fan du célibat géographique, et cela c’est une difficulté que je n’arrive pas à dépasser. J’ai l’habitude aussi de beaucoup lire, pour comprendre comment progresser et dépasser les difficultés, et j’ai été très étonnée de ne quasiment rien trouver sur le thème du célibat géographique (et le peu que j’ai trouvé ne correspondait pas vraiment à ma situation).

 

6-As-tu vécu des moments de découragement,  qu’est ce qui t’aide ou t’as aidé à rebondir ?

Oui, toujours à cause de ma santé et des absences de mon mari à cause de son travail. Ce qui m’aide : mes enfants, mes amis, l’association Vienne Accueil et mon blog. Et quand je trouve la bonne solution pour aller mieux !

 

7-Peux-tu nous partager par quelles émotions es-tu passée ?

Avant de partir, j’étais K.O. Quelques mois avant, j’ai reçu une chimiothérapie pour traiter un cancer du sein et je n’étais pas encore remise de ce traitement lourd. Je n’ai pas eu le temps d’avoir beaucoup d’émotions car une fois que nous avons décidé de venir à Vienne, tout s’est mis en place très vite. Mais j’avais besoin de changements et j’étais en partie soulagée de partir, mais aussi très inquiète de m’éloigner de l’équipe médicale qui m’avait suivie pendant ma maladie. En même temps, lorsque l’on sort d’une expérience de maladie de ce genre, on a tendance à se jeter plus vite à l’eau parce qu’on a bien à l’esprit qu’on n’a qu’une vie !

Une fois sur place, j’étais étonnée de me trouver là, j’avais peur de ne pas réussir à m’en sortir mais réconfortée par les personnes que j’ai rencontrées chez Vienne Accueil et d’autres nouveaux amis de confiance, surprise par la culture autrichienne, émerveillée par Vienne.

Aujourd’hui, face à cette expérience de l’expatriation, je suis vraiment contente de l’avoir vécue et heureuse d’avoir partagé cette expérience avec mes enfants, à qui cela a vraiment donné des perspectives différentes, même s’ils avaient eu la chance de vivre dans un milieu international déjà avant. Et je suis un peu meilleure en allemand ! Mais il y a encore de la marge….Enfin, je suis fière de ce que j’ai pu réaliser au cours de cette expatriation.

 

8- Et ton parcours professionnel dans tout ça comment l’as-tu géré ? Partage nous.

Avant de partir, j’avais déjà commencé à travailler dans la rédaction Web, sur la plateforme Textbroker. Il m’est possible de travailler de partout, à partir du moment où j’ai une connexion Internet et un ordinateur. J’ai donc poursuivi, et continué à progresser sur la plateforme, où je suis passée de rédactrice à éditrice Web (c’est à dire que je vérifie les textes d’autres rédacteurs). Sur place, j’ai aussi eu la chance de pouvoir profiter des réunions et des conseils de l’Espace Emploi de l’Association Vienne Accueil.

 

9-La tagline du Congrès de l’Expatriation au Féminin est « Agir pour s’épanouir», qu’est ce que ça t’évoque ? Comment y arriver ?

Cela me parle beaucoup, toujours à cause de mes problèmes de santé, il m’est parfois difficile d’agir comme je le voudrais, autant que je le voudrais, et je mesure à quel point avoir une liberté d’action est un facteur important pour s’épanouir. On se morfond vite lorsqu’on n’a pas les moyens de réaliser les projets qui nous tiennent à cœur, quelle qu’en soit la raison. Et pour moi, dans un domaine tel que l’écriture, il est aussi important de créer.

Comment y arriver ? Avec patience, persévérance, et je suis une adepte de la technique des petits pas, mais répétés avec constance. C’est incroyable ce que cela permet d’accomplir, et de venir à bout de tâches qui décourageraient si on voulait tout faire en une seule fois. Ensuite, dans une situation comme l’expatriation, en ne restant pas seule dans son coin, en se renseignant et aussi en n’hésitant pas à sortir des sentiers battus, et à trouver des solutions originales.

 

 10-Et si on voyageait ensemble…

Qu’est ce qui t’a marqué en arrivant dans ton pays d’accueil ?

D’être aussi dépaysée : c’est un pays européen et je m’attendais à m’y sentir un peu plus en terre familière, d’autant que j’étais souvent allée en Bavière, et je pensais que ça allait se ressembler, même si ce n’est pas le même pays. Mais il y avait pleins de choses que je ne comprenais pas, même dans les magasins. Et la rapidité avec laquelle nous avons pu nous y installer.

Qu’est ce que tu apprécies vraiment ?

Vienne. C’est vraiment une ville magnifique, extrêmement riche culturellement et historiquement. C’est un émerveillement de chaque jour. J’aime beaucoup voir mes visiteurs tomber eux aussi sous le charme de la ville. Et ce que j’apprécie, c’est l’accès à la culture qui est facile, il y a toujours quelque chose qui se passe et auquel on peut participer sans se ruiner : une fête, une conférence, des portes ouvertes…

Qu’est ce que tu aimes moins ?

L’impatience et le manque d’amabilité de beaucoup de commerçants. Mais je me suis habituée, et ça me fait rire maintenant (la plupart du temps…).

 

 11-Une anecdote à nous partager ?

Oui, si nous avons pu nous installer si facilement à Vienne, c’est grâce à l’une des intervenantes du Congrès de l’Expatriation au Féminin, Catherine Martel, que j’ai rencontrée sur un groupe Facebook pour expatriés sur lequel j’étais venue demander si c’était vraiment une bonne idée, et qui nous a beaucoup aidés. Mais elle n’avait pas encore créé Expats Parents à l’époque.

 

 12-Que dirais-tu à celles qui hésitent à se lancer dans cette aventure qu’est l’expatriation ?

Je trouve difficile de donner un avis de manière générale. Autour de moi, je vois des personnes que cette aventure passionne, et d’autres qui subissent plutôt et ne sont pas dans leur élément. En ce qui me concerne, j’ai l’atout d’avoir vécu une vie un peu « nomade » depuis mon enfance, avec un père militaire à l’époque. J’ai donc l’habitude de bouger, de changer d’environnement, et c’est rester toute ma vie au même endroit qui n’a jamais été envisageable pour moi. D’autre part, d’un pays à l’autre, cela peut être tellement différent et là aussi, il est difficile de parler de manière générale, d’autant que je n’ai jamais vécu hors du continent européen. Bien se renseigner, c’est certain, surtout sur les points importants pour vous ou votre famille. Profiter justement de l’existence des groupes d’expatriés pour se renseigner au-delà des clichés. Ne pas vouloir garder exactement la même vie, sinon, pourquoi partir ?

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