Série “Portraits de Femmes Expatriées”

Marie expatriée en Thaïlande, professeur d’anglais

1-Je te laisse te présenter en quelques mots…

Moi c’est Marie, 23 ans. Je vis actuellement à Bangkok en Thaïlande, où j’enseigne l’anglais dans une école maternelle. Je suis en Thaïlande depuis bientôt 3 ans. J’ai beaucoup voyagé avec mes parents, avec l’école etc… et j’ai toujours aimé les voyages, les langues et l’Asie en général. Aussi loin que je me souvienne (et que mes parents se souviennent !) j’ai toujours eu une passion pour l’Asie et j’ai toujours dit que je vivrai en Asie (petite la Chine, plus tard la Corée). Donc je me suis finalement retrouvée à 20 ans, à prendre une valise et partir avec un billet allé simple pour la Thaïlande sans vraiment savoir ce qui allait arriver.

 

2-Qu’est ce qui t’a amené à partir en expatriation, raconte-nous ton parcours?

Un besoin de partir loin mais aussi l’amour m’ont amené à partir. J’étais rentée de Nouvelle-Zélande en juin 2014 et à partir du moment ou je suis rentrée, j’ai eu envie de repartir. Avoir eu un semblant de liberté (je travaillais dans un hôtel en Nouvelle-Zélande) et d’un coup devoir rentrer à la maison n’a pas été très facile…
J’ai donc fait ma rentée en 2ème année de LEA comme tout le monde. J’avais rencontré ma copine (qui deviendra ma femme quelques années plus tard) là-bas et elle était en France au moment de ma rentrée. Elle est restée d’août à novembre 2014 avant de rentrer chez elle en Thaïlande. On essayait de la faire revenir en France, mais les démarches s’éternisaient et ça ne marchait pas. De mon côté, la fac ne marchait pas tellement fort non plus (j’étais dans une nouvelle fac, j’avais du mal à me faire des amis et à m’intégrer), de plus la LEA ne me plaisait plus. Je voulais me ré-orienter et commencer à étudier l’hôtellerie et la restauration. Puis j’ai décidé de me laisser un peu de temps et de trouver une autre solution. J’ai trouvé un stage dans un hôtel dans le Sud de la Thaïlande. A la maison ça n’allait pas non plus. J’étais en conflit avec mes parents… Puis finalement en mai 2015, ma copine a pu revenir en France. J’ai pris mes valises, nous sommes parties dans le Sud de la France pour que je puisse faire une saison pour qu’on puisse rentrer en Thaïlande et en septembre 2015 on s’est envolé pour Bangkok. J’avais un stage de 6 mois dans le Sud de la Thaïlande et un visa de travail. Je suis partie en mauvais terme avec mes parents (ça va beaucoup mieux maintenant), sans les prévenir et en quittant la fac en finissant à moitié mon année. C’était pas forcement les meilleurs conditions et en y repensant, j’aurais dû faire certaines choses différemment.
J’ai commencé mon stage en Septembre, ça ne s’est pas super bien passé et je me suis retrouvé sans emploi au bout d’un mois… On a dû partir de Phuket en Octobre et nous avons atterrie à Buriram (une province dans le Nord-Est de la Thaïlande à la frontière du Cambodge) où on logeait chez une amie. Il a fallu rechercher un emploi, mais en étant française et sans réel diplôme ce n’est pas évident. Finalement, après un mois, j’ai eu un poste d’enseignante dans une école primaire. J’ai dû déménageré encore une fois (seule, ma copine était restée à Buriram). Ma nouvelle maison est Prachinburi, à 6H de route en bus de Buriram (ou je rentre tous les vendredis soirs).  Je m’adapte bien à mon nouveau travail, j’y prends goût et je m’amuse bien. Malgré le petit salaire que j’ai, on arrive à se débrouiller en vivant à 3 sur mon salaire (ma copine, l’amie chez qui elle vivait et moi). Février 2015 rebelote, je perds mon emploi. Il faut de nouveau recommencer à chercher un travail, mais maintenant que j’ai un pied dans l’enseignement la recherche est plus facile. La question du Vietnam et de la Chine se pose, j’ai eu plusieurs entretiens pour ces pays avec de bons salaire et des bonnes positions mais Madame ne peut pas venir avec moi… Mai 2015 je trouve un travail sur Bangkok. Nous partons très peu de temps après la signature de mon contrat de travail. Voilà maintenant presque 2 ans que nous sommes sur Bangkok. Je suis toujours dans cette même école, j’ai même repris mes études. La vie est beaucoup plus facile depuis que nous sommes sur Bangkok.

 

3-Pourquoi ce pays ?

Parce que ma femme est thaïe. On habitait en France et c’était difficile pour elle de trouver un travail et de s’intégrer (la langue, la culture etc…). On se disait que la vie serait plus facile en Thaïlande alors on est parti. J’avais aussi besoin de changement, je n’étais pas forcement bien à ce moment-là. Mais comme je le dis souvent, si Madame n’étais pas thaïe, je ne serais probablement jamais venu vivre ici.

4-Qu’as-tu appris sur toi grâce à cette expérience ?

Ça m’a fait grandir assez vite. Je me suis vite rendu compte que tout peut très bien aller et que du jour au lendemain je pouvais tout perdre. Ça m’a endurci. J’ai aussi réaliser que j’étais plutôt débrouillarde et que j’arrivais toujours à trouver des solutions pour m’en sortir.

 

5-As-tu rencontré des difficultés ? Quelles sont-elles ? Comment les as-tu dépassées ?

J’ai rencontré pas mal de difficultés la première année… Le manque d’argent (et tous les problèmes que ça entraîne), la barrière de la langue, etc…

Pour les dépasser, c’est plutôt simple, il faut se débrouiller, s’adapter et adopter la philosophie thaïe : « maï pen rai », ce qui veut dire “ce n’est pas grave”. Chaque problème a une solution. Pour ce qui est de la barrière de la langue, j’ai dû vite apprendre à me débrouiller pour lire écrire et parler vu que tous les weekends je devais faire 6H de bus et que j’étais la seule occidentale dans ma première école ! Pour ce qui est de l’argent, on apprend à faire des économies et à se débrouiller. Aussi, certains aspects de la culture ne sont pas faciles à comprendre et à appliquer pour un occidental. Il faut « garder la face » constamment et ne pas perdre son sang-froid, ne pas faire de vague etc… Même après 3 ans ici c’est quelque chose avec lequel j’ai toujours un peu de mal (même si ça va mieux)

 

6-As-tu vécu des moments de découragement,  qu’est ce qui t’aide ou t’as aidé à rebondir ?

Oui… La recherche d’emploi est quelque chose d’assez compliquée en étant française (on a une assez mauvaise réputation quant à nos capacités à parler anglais). Il faut juste persévérer et ne pas lâcher. La roue tourne toujours, il faut juste savoir prendre son mal en patience. Maintenant quand j’ai des problèmes, je me remémore ma première année ici, ça me permet de relativiser.

 

7-Peux-tu nous partager par quelles émotions es-tu passée ?

Avant de partir, j’étais… pas forcément satisfaite de ma vie. Je faisais les choses parce qu’il fallait les faire, mais je n’avais pas vraiment d’objectifs.

Une fois sur place, j’étais…gonflée à bloc et heureuse de prendre un nouveau départ.

Aujourd’hui, face à cette expérience de l’expatriation, je suis…fière de moi et du parcours que j’ai fait depuis que je suis arrivée.

 

8- Et ton parcours professionnel dans tout ça comment l’as-tu géré ? Partage nous.

Mon parcours professionnel a été un concours de circonstance. J’étais partie pour travailler dans l’hôtellerie et je me retrouve finalement à travailler dans une école. Comme je le disais, tout peut très vite changer ici et vu que je n’avais pas forcément les qualifications nécessaires pour faire ce que je voulais, j’ai pris ce qui s’est présenté à moi. Je ne me destinais absolument pas à ça, mais finalement j’aime mon travail. Je me sens heureuse et épanouie au travail. Dans l’école maternelle ou je travaille, je peux voir les enfants évoluer et changer d’une année sur l’autre. C’est vraiment un métier qui me plait. Je dirais que j’ai trouvé quelque chose qui me plait ici, une nouvelle vocation. Mais si je rentrais en France ou si je partais pour un autre endroit du globe (en dehors de l’Asie), je ne ferai sûrement pas ça.

 

9-La tagline du Congrès de l’Expatriation au Féminin est « Agir pour s’épanouir», qu’est ce que ça t’évoque ? Comment y arriver ?

Çà m’évoque une envie de faire bouger les choses pour pouvoir se sentir bien et à sa place. Une envie de changement. C’est difficile de s’avoir comment y arriver… Peut être en essayant un peu chaque jour ?

 

 10-Et si on voyageait ensemble…

Qu’est ce qui t’a marqué en arrivant dans ton pays d’accueil ?

Déjà en sortant de l’avion, la chaleur et l’humidité. Sinon, l’entraide entre les gens, le sens de la communauté dans les villages ou les quartiers… Aussi, le fait que les Thaïs soient des gens très travailleurs. Tout le monde travaille et personne ne se plaint. Les gens sont contents de ce qu’ils ont.

Qu’est ce que tu apprécies vraiment ?

La gentillesse des gens. A partir du moment où l’on parle un peu thaï, les gens s’ouvrent à vous et les conversations deviennent plus intéressante. J’aime vraiment les gens ici, leur façon de vivre, leur sens de la débrouille… Tout le monde ne roule pas sur l’or, mais tout le monde à ce qu’il lui faut. Je pense que les occidentaux devrait prendre exemple sur eux parfois. On a l’air bien plus heureux en Thaïlande qu’en France.

Qu’est ce que tu aimes moins ?

La censure. On ne peut pas parler de tout et n’importe quoi avec n’importe qui. La politique et la famille royale sont des sujets à éviter. Mais ça, les touristes ne le savent pas forcément.

 

 11-Une anecdote à nous partager ?

Il y en aurait tellement. Mais quand je prends le taxi, les chauffeurs me demandent souvent d’où je viens. Je leur réponds que je suis française. Leur réponse est souvent « Oh ! Paris Saint-Germain ! Zidane ?! » « Non, Lyon . » « Oh !… Olympique Lyon ?! Benzema ! » et ça me fait toujours sourire !

 

 12-Que dirais-tu à celles qui hésitent à se lancer dans cette aventure qu’est l’expatriation ?

Il n’y a pas d’âge pour changer de vie et qu’il y a toujours une solution à chaque problème.

Ce portrait t’a plu ? Tu as toi aussi envie de participer à la série “Portrait de femme en expatriation” ? Envoie moi un mai à anne@expatriationaufeminin.com et raconte moi ton histoire en quelques lignes. Je te recontacterai ensuite. 🙂

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