Série “Portraits de Femmes Expatriées”

Laurene, maman, globe-trotteuse, experte dans la protection de l’enfant et prof de yoga

1-Je te laisse te présenter en quelques mots…

Greetings from Ouagadougou !

Bonjour à toutes, je m’appelle Laurene, globe-trotteuse, rêveuse, … qui aime la vie ! Cela fait plus de 10 ans que je parcours le monde, aujourd’hui avec ma p’tite tribu : mon mari, qui travaille comme moi pour la protection de l’enfant, nos deux bambini d’amour et notre super nounou.

2-Qu’est ce qui t’a amené à partir en expatriation, raconte-nous ton parcours?

J’ai décidé de travailler dans le domaine de la protection de l’enfant très jeune. C’était comme une révélation je crois…

J’ai fait de longues études de droit et me suis spécialisée en droit international humanitaire, droits de l’homme, droits de l’enfant. Je suis une vraie passionnée, mais je n’ai pas toujours gardé la tête dans les bouquins !

J’avais envie de connaître du concret et c’est d’ailleurs ce qui m’a encouragé à voyager. Mon premier grand voyage était en Mauritanie, en voiture 😉 C’était quasi un Paris-Dakar. Ensuite, je suis partie aux Comores pour ma première mission. Il s’agissait de construire une école dans un petit village, où la pauvreté, l’éloignement du monde et la beauté de l’Océan indien en sont les marques. J’avais 20 ans. J’ai ensuite poursuivi mon parcours, avec la Moldavie, où j’ai découvert la thématique des enfants orphelins et abandonnés et une année Erasmus à Edimbourg. Là, c’était une autre ambiance…. Pub Crawl, Ceilidh Dance, tombée de la nuit à 16h en hiver et douche écossaise… Pour une provençale, c’était un sacré challenge ! Mes amourettes m’ont alors emmené vers Barcelone et Madrid, puis je suis partie pour mon p’tit tour du monde à la recherche de mon sujet de thèse de doctorat. Je suis retournée en Moldavie et fais le tour des Balkans, puis au Mexique où j’ai travaillé dans un centre pour personnes en situation de handicap. Un vrai coup de cœur, où j’ai découvert le vrai sens du mot « solidarité ». Plusieurs mois s’en sont suivi aux Philippines, pour approfondir la question de l’enfant en situation d’urgence, avant de rentrer en France pour commencer mon doctorat

J’avais 25 ans, un sacré bagage d’aventures et plein d’énergie pour me consacrer à mon domaine de prédilection. J’ai donc approfondi avec un Master of Advanced Studies en Suisse et appuyé un programme d’éducation aux droits de l’enfant en Belgique. La vie, l’Amour, avec un grand A, m’a ensuite mené vers l’Indonésie, pour vivre avec mon mari, puis le Rwanda où j’ai appris à devenir une maman et maintenant le Burkina Faso où j’essaie de combiner expatriation, vie de famille et professionnelle. Tout un programme ! 😉

3-Pourquoi ce pays ?

Je suis une femme, qui a « suivi » son mari. L’Afrique de l’Ouest nous parlait depuis quelques temps, aucun de nous deux n’y était jamais allé. On avait entendu que la vie culturelle était très riche et cela nous manquait et surtout, le Burkina est une destination familiale. Après avoir vécu 3 ans dans deux pays séparés, on avait très envie de se retrouver !

4-Qu’as-tu appris sur toi grâce à cette expérience ?

Je dirais plutôt de ces expériences, car chaque expatriation est unique. Je suis une passionnée, et j’ai toujours adoré voyager. C’est magnifique de pouvoir découvrir de nouvelles cultures, d’autres manières de faire… On apprend à regarder la vie d’une autre manière, de savourer les beaux paysages, et être plus ouvert aussi.

5-As-tu rencontré des difficultés ? Quelles sont-elles ? Comment les as-tu dépassées ?

Je crois que la première difficulté était de faire une grande partie de ce chemin seule. Je n’ai pas grandi dans une famille de grands voyageurs, et l’on ne m’a jamais vraiment incité à le faire. J’adore mes parents, mais ce ne sont jamais eux qui m’ont donné tous les bons conseils que devraient recevoir une jeune fille qui part « sakodo » 😉

En revanche, ils m’ont doté de plein de choses, dont je me rends compte en écrivant ces quelques lignes, m’ont été fort utiles : le respect de l’autre, le sens de l’orientation, la tolérance et l’envie de vivre ses rêves ! Des éléments essentiels à tout grand voyageur. Ils m’ont aussi toujours dit qu’ils étaient là pour moi, et ça fait du bien de savoir que l’on a une base, un p’tit cocon où l’on se sentira toujours chez soi.

6-As-tu vécu des moments de découragement,  qu’est ce qui t’aide ou t’as aidé à rebondir ?

Le plus grand moment de découragement : être séparée de mon mari pour raison professionnelle.

Nous avons vécu pendant 3 ans, ne pouvant nous voir que de temps en temps. C’était très dur à vivre. Nous n’avions pas prévu que le contrat dure si longtemps, et ce n’est pas du tout la manière dont j’avais envie d’accueillir mes enfants. Croire en moi, en la vie, m’a beaucoup aidé. Continuer malgré tout à être optimiste et voir toutes les jolies choses qui nous entourent. Les rires et le bonheur d’avoir des enfants. On les adore !!! Et aussi notre Dada, notre nounou qui m’a beaucoup soutenu tout au long de cette période et à qui je suis très attachée.

Cela fait 4 ans maintenant que l’on vit ensemble et elle nous a même suivi jusqu’ici. C’est une grande chance de l’avoir à nos côtés.

7-Peux-tu nous partager par quelles émotions es-tu passée ?

Youhhhhhh là c’est un vrai arc-en-ciel, moi et les émotions c’est du rouge au violet en passant par le bleu, le jaune et le rose 😉 De grands moments de solitude, tristesse, colère, mais aussi de joie, de bonheur et d’amour…

L’expatriation m’a tout appris 🙂 C’est une toute autre vie que si j’étais restée en France et une telle richesse que l’on ne peut autrement gagner.

8- Et ton parcours professionnel dans tout ça comment l’as-tu géré ? Partage nous.

J’aime ce que je fais et je suis heureuse de le faire. Pour y arriver, j’ai continué à croire en moi et mes convictions. J’ai poursuivi mes projets même quand j’étais en mode “suivre mon mari” – ce qui n’est pas une posture facile et surtout, ce n’est pas vraiment de cette manière que j’avais envisagé ma vie professionnelle. Mais aujourd’hui avec le recul, je me dis tant mieux car j’ai pu me consacrer à de nombreuses autres choses par rapport auxquelles je serais passée à côté.

1. Donc, j’ai toujours travaillé, même si ce n’était parfois qu’en tant que volontaire. Cela n’a jamais diminué ma volonté et la qualité de mon travail.

2. J’ai continué à me consacrer à ma 2e passion qui est le yoga. J’en fais depuis 14 ans maintenant et cela fait partie intégrante de ma vie. Un jour une amie au Rwanda est arrivée chez moi et m’a dit: “allez hop, on part à Zanzibar, suivre un teacher training”. On s’est organisé en quelques jours, et on est parti avec les nounous et les enfants pour un mois de découverte et d’approfondissement. Les enfants s’adorent et se sont éclatés. Et nous on a pu ainsi poursuivre notre chemin. Aujourd’hui, aucune de nous deux ne regrette ce choix. Nous enseignons à côté de nos boulots depuis 2 ans et on s’éclate! Bien sûr quand on a travaillé toute la journée, on est parfois fatigué pour donner un cours mais quel bonheur! Je suis juste trop heureuse d’avoir fait ce choix 🙂

Aujourd’hui, je travaille à temps plein mais j’ai appris qu’il était important pour moi d’avoir une stabilité. Je suis donc en train de développer un projet nomade pour pouvoir retomber sur mes deux pieds lorsque nous changerons à nouveau de pays mais surtout pour développer mon projet, celui qui me ressemble vraiment et auquel je peux me consacrer en toute flexibilité ! J’en profite pour remercier Anne et toutes mes buddies de Femmes de projets pour cette belle expérience que nous sommes en train de vivre 😊

9-La tagline du Congrès de l’Expatriation au Féminin est « Agir pour s’épanouir», qu’est ce que ça t’évoque ? Comment y arriver ?

Je dirais qu’il est essentiel de continuer à se “construire”. Il y a toujours des choses à faire et divers soutiens. Les coachs sont là pour nous booster et plein de cours à faire en ligne pour renforcer ses compétences ou bien le faire en live aussi. Prendre son courage à 2 mains et se dire que l’on peut être loin de son mari pendant 1 mois ou 2 pour nous aussi nous réaliser.

 10-Et si on voyageait ensemble…

Qu’est ce qui t’a marqué en arrivant dans ton pays d’accueil ?

On était très heureux de découvrir ce pays, un véritable berceau de la culture. Pour fêter mon 1er jour ici: concert de Rokia Traore, c’était juste superbe!

Qu’est ce que tu apprécies vraiment ?

De nombreux festivals, des spectacles de danse, du théâtre et beaucoup de gens motivés, chaleureux, qui ne se prennent pas beaucoup la tête. C’est chouette!

Qu’est ce que tu aimes moins ?

Le pays traverse une période d’instabilité et d’insécurité qui semble se renforcer. C’est pas toujours facile de travailler dans l’aide au développement et se demander si notre rôle est vraiment positif, mais c’est encore plus dur de voir la situation se détériorer. On espère que, comme ils disent ici, ça va aller.

 11-Une anecdote à nous partager ?

J’ai tellement voyagé qu’on me demande souvent d’où je viens. Brésilienne, russe, italienne, espagnole… Il n’y a pas longtemps, au cours d’un voyage d’échange en Tunisie, on m’a plusieurs fois prises pour une locale! Bref, on me prend rarement pour une française et une fois même en rentrant, on m’a dit “oh c’est fou ce que vous parlez bien français” ahahah je crois que ça doit être le syndrome citoyenne du monde 😉

 12-Que dirais-tu à celles qui hésitent à se lancer dans cette aventure qu’est l’expatriation ?

Je dirais “vivez vos rêves!” Si c’est ça dont vous avez envie et qui vibre en vous, allez-y! Vous ne perdez rien à tester. Prenez soin d’identifier vos points de repère pour vous et votre famille et gardez-vous un petit temps d’adaptation, car si ce n’est pas vraiment ce à quoi à vous vous attendez il est bon de toujours pouvoir rentrer dans son petit nid, où qu’il soit! D’ici là, je vous souhaite beaucoup de bonheur dans vos nouvelles aventures 🙂

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil …

Ce portrait t’a plu ? Tu as toi aussi envie de participer à la série “Portrait de femme en expatriation” ? Envoie moi un mai à anne@expatriationaufeminin.com et raconte moi ton histoire en quelques lignes. Je te recontacterai ensuite. 🙂

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