Série “Portraits de Femmes Expatriées”

Kadriye, d’une expat en solo à une expat en famille, Shanghai, le Gabon et le Maroc

1-Je te laisse te présenter en quelques mots…

Bonjour, je m’appelle Kadriye, en expatriation depuis une petite dizaine d’années, d’abord seule et maintenant avec ma petite tribu, 2 garçons de 18 mois et 4 ans ainsi que l’heureux papa.

 

2-Qu’est ce qui t’a amené à partir en expatriation, raconte-nous ton parcours?

Je n’avais pas spécialement de souhait de partir à l’étranger.

A l’époque étant célibataire, je vadrouillais beaucoup mais seulement en France et seulement pour le plaisir (weekend sportifs, copains ou famille) mais je devais donner l’impression d’être une grande voyageuse .

Lorsque mes collègues et moi avons reçu un email concernant un poste ouvert à Shanghai, j’ai lu rapidement et supprimé le message. Lors de la pause, mes collègues ayant lu plus attentivement m’ont demandé quand est ce que je posais  ma candidature, moi la grande voyageuse. J’ai donc récupéré le message dans ma corbeille et répondu mais seulement par curiosité. Et ensuite tout s’est enchaîné, j’avais le profil parfait pour le poste, on ne m’a pas réellement laissé le choix.

 

3-Pourquoi ce pays ?

Pour le premier pays, le poste était seulement ouvert à Shanghai, je n’ai donc pas choisi la Chine. Par la suite, on a eu le choix entre la France, l’Arabie Saoudite ou le Gabon. Hors de question de rentrer en France. Etant vraiment tombée sous le charme de l’Asie, j’ai voulu voir si le même coup de foudre aurait lieu en Afrique. J’ai donc choisi le Gabon. Mais là, j’ai été déçue par l’accueil. Les français ne sont pas aussi bienvenus au Gabon, qu’en Chine, en tout cas pas à la période où nous y étions (période d’élections présidentielles au Gabon).

Après le Gabon, je savais que je souhaitais que l’aventure continue mais tout en me rapprochant de la France et tout en restant en Afrique afin d’avoir une deuxième expérience dans ce continent, voilà pourquoi nous avons choisi le Maroc, où nous habitons depuis 3 semaines.

 

4-Qu’as-tu appris sur toi grâce à cette expérience ?

En France, j’étais Kadriye, fille d’une famille d’immigrés venant de Turquie, je me sentais donc turque. Mais une fois en Chine, je venais de France, j’étais donc française pour les chinois, et je me sentais française d’ailleurs. Maintenant, je ne sais plus vraiment de quelle nationalité je suis. Il m’arrive parfois de me sentir chinoise 🙂 J’ai donc appris que je  n’étais pas de telle ou telle autre nationalité, je suis juste une habitante sur terre.

 

5-As-tu rencontré des difficultés ? Quelles sont-elles ? Comment les as-tu dépassées ?

L’arrivée seule à Shanghai a été très éprouvante. Tous mes collègues étaient venus en famille et avaient donc des vies bien remplies. Lorsque j’essayais de rencontrer du monde, je tombais sur de jeunes étudiant(e)s d’une petite vingtaine d’années, en stage pour quelques mois voir quelques semaines. Je venais tout juste d’avoir 30 ans et j’avais du mal à trouver ma place. J’avais l’impression d’être un profil atypique. Je suis donc passée par le forum bonjour Chine, j’ai crée un post intitulé : trentenaires à Shanghai. Et j’ai proposé des rencontres autour d’un dîner. Il a fallu plusieurs soirées mais j’ai fini par me faire de vraies copines avec lesquelles je suis toujours en contact d’ailleurs. Et quelques mois plus tard une autre personne a repris mon post et proposé une nouvelle rencontre entre trentenaires. J’ai suivi et c’est là que j’ai rencontré mon conjoint. Je pense donc qu’il ne faut pas s’arrêter au premier échec, il faut ré-éssayer, peut-être différemment, l’expérience finit toujours par payer.

 

6-As-tu vécu des moments de découragement,  qu’est ce qui t’aide ou t’as aidé à rebondir ?

Le problème de l’expatriation c’est que l’expérience est temporaire. Il faut toujours un peu de temps pour s’intégrer, se faire des amis dans un pays. Dès qu’on commence à être bien, les gens commencent déjà à partir vers d’autres destinations. Alors il faut se bouger, faire de nouvelles rencontres, ou partir à son tour. Je n’en suis qu’à mon 3ème pays mais j’avoue que ce coté me fait un peu peur, comment vais-je réussir à m’intégrer dans ce nouveau pays. Heureusement avec l’expérience on sait que c’est pareil pour les autres alors on se motive et on accepte toutes les propositions de sorties et advienne que pourra.

 

7-Peux-tu nous partager par quelles émotions es-tu passée ?

Avant de partir, j’étais… très angoissée à l’idée de ne pas réussir à m’exprimer et m’intégrer dans le pays d’accueil, très triste de quitter famille et amis et très excitée de vivre une expérience qui me paraissait vraiment unique.

Une fois sur place, j’étais…déboussolée, le temps de comprendre comment tout fonctionnait mais fière de voir que je m’en sortais plutôt bien.

Aujourd’hui, face à cette expérience de l’expatriation, je suis…heureuse d’avoir franchi le pas et d’avoir découvert l’autre coté des frontières.

 

8- Et ton parcours professionnel dans tout ça comment l’as-tu géré ? Partage nous.

Au niveau professionnel j’ai occupé des postes et eu des responsabilités que je n’aurais pas eu si j’étais restée en France. A l’étranger on est souvent obligé de combler les manques et donc d’être multitâches. Cela n’a pas échappé à mes hiérarchiques qui m’avaient proposé un poste très intéressant en cas de retour en France. Mais j’ai choisi de “continuer l’aventure”  et cela n’était pas possible dans la société qui m’employait. J’ai donc fait une pause, eu un bébé, privilégié la vie de famille pendant quelques années (3 exactement). Mais me voilà dans un nouveau pays, avec de nouvelles ambitions, et je compte bien relancer ma carrière tout en continuant à profiter de ma vie de famille.

 

9-La tagline du Congrès de l’Expatriation au Féminin est « Agir pour s’épanouir», qu’est ce que ça t’évoque ? Comment y arriver ?

Agir pour s’épanouir, ça ressemble à un sujet de philo, non ? Euh oui évidemment qu’il faut agir pour s’épanouir, peu importe qu’il Au niveau professionnel, ou sein de sa ville ou sous de plus grands horizons. Il n’y a qu’en agissant, en étant actif qu’on peut obtenir des résultats. Alors quel que soit le but recherché, il faut se bouger !

 

 10-Et si on voyageait ensemble…

Qu’est ce qui t’a marqué en arrivant dans ton pays d’accueil ?

j’ai découvert qu’il y avait une vie avant le boulot. Dès 6h du matin, les rues étaient vivantes, des gens faisaient leurs courses, d’autres prenant leur petit déjeuner, d’autres pratiquaient un sport dans les parcs prévus à cet effet. En France, j’ai l’impression que la journée commence par le boulot, on profite éventuellement après sa journée de travail, mais rarement avant.

Qu’est ce que tu apprécies vraiment ?

être passée d’un mode de vie passive (métro-boulot-dodo) à un mode de vie active, il y’a tellement de choses à faire lorsqu’on débarque, apprendre la langue, rechercher les bons plans pour se nourrir, se vêtir, s’équiper, profiter… on a rarement le temps de s’ennuyer.

Qu’est ce que tu aimes moins ?

la distance avec les proches restés en France, pas toujours facile de maintenir le contact surtout lorsqu’il y a un énorme décalage horaire.

 

 11-Une anecdote à nous partager ?

Un jour, une collègue chinoise de Shanghai est revenue de vacances extrêmement ravie. Elle avait vu un arc-en-ciel durant ses vacances dans le Yunnan. J’ai alors réalisé qu’effectivement à Shanghai, avec la brume, la pollution, il n’y avait jamais d’arc-en-ciel.
Avant de vivre en Chine, je n’imaginais pas que certaines personnes n’avaient jamais vu d’arc-en-ciel de leur vie et qu’elles mourront peut-être sans en avoir jamais vu. Depuis je suis toujours heureuse à chaque fois que j’en vois un et me sens vraiment privilégiée. Je sais désormais que de petites choses peuvent être sources de grands plaisirs.

 

 12-Que dirais-tu à celles qui hésitent à se lancer dans cette aventure qu’est l’expatriation ?

J’ai rencontré beaucoup de monde depuis mon départ à l’étranger, divers profils, diverses nationalités, beaucoup de personnes stressées par l’expérience dans le lot, beaucoup venues un peu à reculons mais aucune n’a regretté d’avoir tenté l’expérience, nombreuses sont celles qui ont prolongé (je suis la première dans ce cas). Lorsqu’on ose se lancer, c’est positif ou pas mais au moins on a avancé. Si on se contente de regarder, on passe à coté de l’essentiel, on doute, on regrette… Alors oui il faut se lancer, il faut “agir pour s’épanouir”!

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