Série “Portraits de Femmes Expatriées”

Florence, citoyenne du monde, expatriée en Arabie Saoudite après Dubaï

1-Je te laisse te présenter en quelques mots…

Je m’appelle Florence, j’ai été adoptée à Colombo (Sri Lanka). Je suis “complètement” lyonnaise,  élevée par une maman italienne et un papa français. On dit que je suis une adulte de troisième culture .. mariée à un français de souche -).Nous avons un “ange” au ciel et trois petites filles de moins de 5 ans, nées à Dubaï.

Je suis “intercultural coach” et formatrice. J’ ai créé, en 2010, Coach4expat.. et suis en train d’écrire mon premier livre, ‘I’m a citizen of the World’, à destination des parents et enfants expatriés.

2-Qu’est ce qui t’a amené à partir en expatriation, raconte-nous ton parcours?

Etant une enfant adoptée, je suis tombée dans la “marmite” de l’expatriation très jeune, puisqu’à trois semaines, je prenais déjà l’avion.

J’ai toujours beaucoup voyagé, tant avec mes parents que par le biais de mon école, et plus particulierement après mes etudes à NYC. C’est pour cela qu’après avoir “vadrouillé” dans quatre continents, nous en sommes à notre sixième expatriation. Nous sommes partis en tant que jeunes mariés aux Émirats Arabes Unis, il y a 7 ans.

Ensuite, j’ai pris la décision de poursuivre en Arabie Saoudite après deux ans et demi de réflexion et surtout après une soirée arrosée .. ok,  on part …( bon ça, je ne m’en souviens plus) … Mais c’était  donc parti pour l’Arabie Saoudite, afin d’asseoir mon expérience du Moyen Orient. J’ étais décidée à relever un nouveau challenge et j’ai décidé de quitter mon confort dubaïote pour  nous installer à Al Khobar, dans la Eastern province, depuis maintenant un an…

3-Pourquoi ce pays ?

Il est vrai qu’en habitant à Dubaï, mon mari faisait des allers-retours chaque semaine pour se rendre en Arabie Saoudite.Cela a duré deux ans et je vous avoue qu’au bout d’un moment vivre en expatriation et être “célibataire” géographique peut ne pas donner beaucoup de sens à la vie, surtout quand la famille s’agrandit !  C’est pour cette raison  qu’après avoir eu ma troisième fille et une année assez difficile ,nous sommes partis en Arabie et nous ne regrettons pas du tout cette expérience qui nous apporte tant professionnellement que personnellement

4-Qu’as-tu appris sur toi grâce à cette expérience ?

Qu’il ne faut jamais dire “jamais” !

J’ai appris à quel point il était dommage de faire des stéréotypes, de parler sans connaître, de critiquer sans comprendre. En effet, même si c’est un pays qui semble difficile et qui n’est pas très “fun” tous les jours, cela nous permet ,comme on dit souvent ici, de ‘lower nos Expectations’, surtout après avoir vécu à Dubaï et de se rendre compte de la chance qu’ on a !

5-As-tu rencontré des difficultés ? Quelles sont-elles ? Comment les as-tu dépassées ?

La plus grande difficulté, mais je dirais que ça c’est dans chaque pays dans lequel j’ai vécu, c’est qu’au prime abord on ne voit pas que je suis française.

Par conséquent, on me prend souvent pour la “nanny” de mes filles !! J’ai pris l’habitude, mais c’est vrai que c’est jamais très agréable de se faire expliquer comment élever nos propres enfants ou d’attendre qu’on veuille bien me parler au playground !

Alors, au lieu de me “braquer” ,  j’explique qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. Que ce sont mes filles et je fais donc ce que je veux 🙂 et à ce moment-là, le regard des gens change du tout au tout….  c’est assez drôle !

Je pense qu’il y a des difficultés dans chaque pays. La plus grande, pour nous les femmes ici, c’est de ne pas pouvoir conduire et d’être dépendantes finalement des horaires de bus et des taxis ! Mais, je me plains pas, car j’ai la chance d’avoir un mari qui me met gentiment à disposition un chauffeur, ce qui m’évite de prendre le bus pour aller faire mes courses. Je dois avouer que cela n’a pas de prix, surtout pour une “virée” chez Ikea ou alors à Bahrein !

6-As-tu vécu des moments de découragement,  qu’est ce qui t’aide ou t’as aidé à rebondir ?

Ce qui est difficile parfois, c’est ce sentiment d’être enfermée. Ici, il faut tout organiser et prévoir les semaines ! Il y  a très peu de places pour l’improvisation !

Et puis, il y a “l’abaya” ! Au fur et à mesure que le temps passe, on prend ça comme  un manteau et on se retrouve en virée pour des “abaya shopping” !

De toutes façons, ces petits désagréments risquent de ne pas durer très longtemps, car le pays est en train d’évoluer à vitesse grand V !

J’ai donc rebondi grâce à mon investissement dans la communauté du “campound”. C’est comme ça qu’on arrive à se faire connaître. En Arabie Saoudite, les nationalités sont assez regroupées, mais l’intérêt d’être dans un pays compliqué, c’est que les personnes sont aussi friandes de découvrir d’autres cultures. C’est pour cela que j’ai créé les “International coffee morning” ou chacune amène un plat de son pays  et le fait déguster aux autres.

7-Peux-tu nous partager par quelles émotions es-tu passée ?

Le lendemain de cette fameuse soirée,à DUBAÏ, mon mari m’a dit “ça y est, j’ai dit à mon boss que tu étais d’accord”. Et bien, je peux vous dire que je n’étais pas hyper contente… Mais comme la vie fait parfois bien les choses et comme je ne devais pas avoir d’enfants et bien je suis tombée enceinte de N 3 et m’ en suis rendue compte assez tardivement ! ce qui a fait que mon départ pour la SAOUDIE a été retardé.. OUF !

J’ai donc pu profiter de mes derniers mois à Dubaï et surtout accoucher en toute sécurité, auprès de mon médecin que je connais bien .

Je dirai donc, avant de partir, j’étais un peu plus sereine. Meme si j’ai déménagé complètement à “l’arrache”, car je me disais que de toutes facons, il y a tellement rien à faire en Arabie que j’aurai bien le temps de “trier”.  C’est comme ça que j’ai préféré fêter mon anniversaire, au lieu de passer ma soirée à faire mes cartons !

Les premières semaines où je suis arrivée en Arabie Saoudite, je dirais que les émotions principales étaient, la tristesse, le désespoir, la colère et la solitude….

Une fois sur place,  j’ai été agréablement surprise de  la gentillesse des personnes qui m’ont accueillie. J’étais la seule française dans le “campound” et petit à petit, j’ai rencontré des amies merveilleuses qui ont partagé avec moi leur culture. C’est aussi ça l’Arabie Saoudite. On dit souvent que les musulmans restent entre eux, qu’ils ne se mélangent pas.  Et bien, dans le “campound”, on peut côtoyer des musulmans, des catholiques, et des athées sans aucun problème !

Face à cette expérience de l’expatriation, aujourd’hui, je trouve que c’est une chance inouïe de pouvoir être dans un pays comme l’Arabie Saoudite et de vivre tous ces changements. Par exemple, la première année, on ne pouvait pas porter d’abaya de couleurs. Maintenant, on peut ! Nous allons aussi bientôt pouvoir conduire. Je me demande même si ça vaudrait pas le coup de rester un peu plus longtemps, car on aura vraiment vécu “un avant / après” !

8- Et ton parcours professionnel dans tout ça comment l’as-tu géré ? Partage nous.

J’ai donc passé, à New York, mon Master en Marketing Management. J’ai travaillé dans une  banque privée dans  l’événementiel a Genève et en communication, dans une banque d’investissement a Melbourne. Puis un jour, j’ai voulu faire autre chose que de vendre des choses dans lesquelles je ne me retrouvais plus. J’ai touché du doigt au coaching en Australie. J’accueillais par le biais de l’UFE , les expatriés à Melbourne et je dois dire que c’était quelque chose qui me faisait vibrer. Quand mon mari est parti au Nigéria, j’ai donc décidé de reprendre mes études et de faire des formations interculturelles. Partager mon expérience, aider les expatriés à s’intégrer et à s’adapter plus facilement et plus rapidement dans leur pays d’accueil.

Je travaille pour des entreprises de formation, mais aussi de relocation et je forme tant des “top managers” que leurs épouses et leurs enfants !

9-La tagline du Congrès de l’Expatriation au Féminin est « Agir pour s’épanouir», qu’est ce que ça t’évoque ? Comment y arriver ?

Je dirais qu’agir pour s’épanouir …c’est surtout ! Repoussez ses limites car nous sommes pleines de ressources ! Car nous sommes seule maître à bord et capable de faire en sorte que notre expatriation se passe du mieux possible.

J’essaie de donner les clés d’une expatriation réussie. Surtout ne pas juger car ce n’est pas parce que les choses sont différentes qu’elles sont forcément moins bien.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, après six expatriations sur quatre continents et 10 ans d’expérience, j’ai décidé d’écrire un livre ‘I’m a citizen of the World’ afin de donner des trucs et des astuces aux parents, mais aussi aux enfants expatriés.

 10-Et si on voyageait ensemble…

Et bien nous irions visiter les Emirats, Oman et bien sûr le Sri Lanka, surtout Unawatuna !

Qu’est ce qui t’a marqué en arrivant dans ton pays d’accueil ?

De devoir porter l’Abaya tout le temps et le fait d’avoir sur le parking de l’école QUE des hommes au volant des voitures !

Le fait aussi qu’il faille s’organiser autour des “prières” et donc, du coup, les heures de shopping sont comptées !

Qu’est ce que tu apprécies vraiment ?

L’ouverture d’esprit et la proximité avec les différentes personnes que l’on est amené à rencontrer. Le fait que l’on puisse partager et passer du temps en famille, parce qu’il y a quand même pas beaucoup de choses à faire …

Qu’est ce que tu aimes moins ?

Certainement le manque d’activités culturelles comme le cinéma, les musées, le théâtre, l’opéra … mais pour ça, heureusement que DUBAÏ n’est pas loin … ainsi qu’ABU DABI.

 11-Une anecdote à nous partager ?

Et bien, c’est que je suis en train de vivre en ce moment… le fait que je me sois fait mal au genou et qu’en allant à l’hôpital on trouve des hôpitaux fermés et les médecins qui n’arrivent pas avant le début d’après-midi. C’est quand même assez insolite… car c’est Ramadan ! Par conséquent, la vie s ‘arrête et il faut “jongler” autour du Ramadan timing ! donc j’ai du attendre un peu mais nous y sommes arrives.

 12-Que dirais-tu à celles qui hésitent à se lancer dans cette aventure qu’est l’expatriation ?

Que chacun devrait vivre au moins une fois dans sa vie une expérience à l’international. Cela n’a pas de prix tant pour la famille que pour les amitiés que l’ on se crée !

Et surtout, pour vos enfants même si parfois il y a des challenges à élever des enfants expatriés. Les clés qu’on leur donne pour leur vie d’adulte leurs permettront d’être de vrais petits passe-partout .

Réserve ta place et participe aux 11 conférences proposées par des expertes exceptionnelles !

Inscris-toi dès maintenant au Congrès International de l'Expatriation au Féminin

et participe aux 11 conférence en ligne

(possibilité de recevoir le replay)

Bravo pour ton inscription ! Rdv dans ta boite mail ;)