Série “Portraits de Femmes Expatriées”

Caroline, maman, fondatrice de Au Sein en Douceur, expatriée aux Etats-Unis

1-Je te laisse te présenter en quelques mots…

Je suis Caroline, maman de 3 jeunes bambins de 4 ans, 3 ans et 1,5 ans. En Belgique, j’étais médecin généraliste spécialisée dans la petite enfance et en planning familial. Aux Etats-Unis conseillère en allaitement certifiée par l’IBCLC, éducatrice en HypnoNaissance et en massage bébé et bientôt à la Parole au Bébé.

Je suis belge, conjointe expatriée à Houston aux USA depuis 3,5 ans.

 

2-Qu’est ce qui t’a amené à partir en expatriation, raconte-nous ton parcours?

Mon mari a eu depuis toujours cette envie et ce rêve d’être expatrié. De mon côté, je n’étais pas contre. J’étais partie en stage médical de 4 mois au Chili. L’expérience m’avait beaucoup plu.  L’idée de partir plus longtemps en famille me parlait donc. Après avoir obtenu mon diplôme de médecin, j’ai travaillé 4 ans comme médecin généraliste en maison médicale. J’ai également beaucoup travaillé à l’ONE (médecine préventive de la petite enfance) où je suivais énormément de bébé de la naissance à 2 ans surtout. Et enfin, pendant un an, j’ai travaillé dans des plannings familials où j’y ai fait de la prévention et dépistage des maladies sexuellement transmissibles, de l’éducation à la contraception et des suivis de grossesse. Lorsque j’étais enceinte de mon deuxième les opportunités d’expatriation étaient réellement là. J’y voyais à ce moment une opportunité de faire un break et de fonder ma famille. Je me suis dit que je trouverais bien une manière de travailler quand mon deuxième aurait grandi.

 

3-Pourquoi ce pays ?

Comme dirait mon mari, sa boite n’est pas une agence de voyage. Nous n’avons pas choisi la destination. C’était surtout une opportunité professionnelle pour lui. Je lui avais au départ demandé de ne jamais considérer les Etats Unis étant donné que je savais que je ne pourrais pas exercer ma profession de médecin. J’ai finalement changé d’avis en me disant que je trouverai bien quelque chose d’intéressant à faire là-bas sur place.

 

4-Qu’as-tu appris sur toi grâce à cette expérience ?

J’ai appris une tonne de choses. C’est incroyable ce que l’on apprend sur soi grâce à l’éloignement. Je n’aurais jamais imaginé tout cela.

J’ai appris à encore m’adapter quelle que soit la situation impossible. J’ai appris à profiter encore plus de la vie, de vivre encore plus intensément le moment présent. J’ai appris que j’avais le droit de prendre soin de moi et je m’autorise de plus en plus à le faire. Je ne le faisais pas du tout avant. Cela fait maintenant 2 ans, que je fais un fameux travail personnel sur moi-même. C’est passionnant.

 

5-As-tu rencontré des difficultés ? Quelles sont-elles ? Comment les as-tu dépassées ?

Mon énorme difficulté a été de me reconvertir professionnellement. Ne pouvant pas exercer mon métier que j’aimais beaucoup, j’ai dû trouvé une astuce pour travailler en continuant à mettre mes compétences acquises en avant. Pour cela, je me suis faites coachée. Dans ces situations compliquées, on développe je ne sais pas trop comment beaucoup d’imagination pour contourner les problèmes.

Quand je suis arrivée à Houston, je ne comprenais pas langue et je ne pouvais pas m’exprimer. J’ai donc pris des cours d’anglais intenses pendant plusieurs mois. Il était hors de questions pour moi de me replier chez moi. Il fallait que je puisse communiquer avec mes voisins et dans la vie de tous les jours et même maintenant faire des consultations d’allaitement et donner des cours d’HypnoNaissance en anglais . Je me suis même arrangées pour prendre toutes les heures de cours que mon mari avait droit, pour moi.

 

6-As-tu vécu des moments de découragement,  qu’est ce qui t’aide ou t’as aidé à rebondir ?

Comme tout le monde, j’ai eu ces moments de découragements. Le coaching que j’ai suivi m’a énormément soutenue. Tous ces articles de conjointes expatriées qui ont lancé leur business localement et/ou en ligne m’ont également beaucoup inspirée. Je me disais que j’étais capable de le faire aussi. Mon groupe de business/networking francophone local ici à Houston m’a également beaucoup aidé et encouragée.  Je me retournais vers gens motivés, positifs et contents d’être expatriés pour me booster. Mon mari m’a également beaucoup soutenue et encouragée. Son soutien et sa confiance en mon projet ont été et sont toujours très importants pour moi.

 

7-Peux-tu nous partager par quelles émotions es-tu passée ?

Avant de partir, j’étais… très excitée par l’aventure, je me rends compte que j’ai été bien naïve de ce qu’il allait m’arriver. Il y a eu aussi une petite part de peur bien sur. Mais quand j’y repense…quelle naïveté de ce qu’il m’attendait réellement…

Une fois sur place, j’étais…vraiment ravie. Tout était nouveau. Tout était à découvrir. Mais au bout d’un an, je suis passée par un grand moment de découragement. Heureusement, ce moment a été très court et j’ai vite rebondi en me faisant accompagner. Si non, j’ai toujours été super contente de vivre à l’étranger et de vivre l’expérience que nous avons actuellement.

Aujourd’hui, face à cette expérience de l’expatriation, je suis…vraiment reconnaissante de ce que l’expatriation m’a apporté personnellement et professionnellement. C’est juste incroyable.

 

8- Et ton parcours professionnel dans tout ça comment l’as-tu géré ? Partage nous.

Cela n’a pas été facile de le gérer avec mon mari qui voyage beaucoup et nos 3 jeunes enfants dont il faut s’occuper. Et moi dans tout cela ? J’ai appris petit à petit à mettre mes limites et à m’occuper ce que je voulais faire vraiment pour le coté professionnel. Cela a été toute une transformation qui a pris des mois et qui a toujours lieu. Je profite de toutes les formations à Houston et ailleurs aux USA (et même au Canada) autour de la naissance, de l’allaitement et de la maternité. C’est passionnant. Je m’autorise à me faire plaisir. Je m’autorise, moi aussi à voyager pour me former.

 

9-La tagline du Congrès de l’Expatriation au Féminin est « Agir pour s’épanouir», qu’est ce que ça t’évoque ? Comment y arriver ?

Nous sommes toutes actrices de ce que nous vivons. Nous attirons ce que nous voulons vraiment. Notre épanouissement personnelle et professionnelle dépend de nous et uniquement nous. On obtient ce que l’on veut. Quand on veut vraiment quelque chose, on finit toujours par l’avoir. C’est la puissance de l’intention. Tout est possible.

 

 10-Et si on voyageait ensemble…

Qu’est ce qui t’a marqué en arrivant dans ton pays d’accueil ?

Tout est bigger ici : les autoroutes, les parkings, les voitures, les maisons, les formats humains (en d’autres mot l’obésité), les rangs, le rodéo en mars. Le Texas est énorme !!!!

Qu’est ce que tu apprécies vraiment ?

Leur sourire, leur enthousiasme, leur accueil, leur niak américaine. Ils ne baissent jamais les bras alors que franchement parfois il y a de quoi. J’adore le soleil, la chaleur et les orages magnifiques. Ici, il fait beau et chaud presque toute l’année. Ici la lumière des éclairs est incroyable.

 

Qu’est ce que tu aimes moins ?

Je déteste leur système de santé capitaliste. Ici les gens ne savent pas se soigner par manque de moyen, tellement c’est cher. Je déteste leur système d’éducation. Les bonnes écoles ne sont accessibles que pour les familles avec des moyens financiers. Les autres bénéficieront d’un système d’éducation beaucoup plus médiocre. C’est vraiment triste. Et enfin, ce système américain qui vous pousse à la consommation.

 

 11-Une anecdote à nous partager ?

Peu de temps après notre arrivée, un dimanche matin, je vais chercher des bières au grand magasin pour l’apéro car nous recevions des amis pour un barbecue. La dame du supermarché me les enlève de mon caddy en me disant que le dimanche matin, c’est le jour du seigneur et que l’achat d’alcool est interdit. C’est affirmation me paraissait tellement absurde qu’énervée de n’avoir probablement pas compris l’anglais-texan de la dame, je rentre chez moi en expliquant ce que je n’ai pas les bières. On finit par rigoler et finalement, nos amis nous explique qu’en effet, ici au Texas, l’achat d’alcool est interdit le dimanche matin car nous sommes censés aller à l’église. Ici on peut acheter une arme à feu quand on veut et où on veut sans aucune contrainte, par contre pas d’alcool le dimanche matin. Cherchez l’erreur !

 

 12-Que dirais-tu à celles qui hésitent à se lancer dans cette aventure qu’est l’expatriation ?

Je n’hésiterai pas une seconde. On ne peut en sortir que grandie. Mais je dirais aussi attention préparez-vous. Faites-vous accompagner. Une expatriation n’est pas anodine. Partez avec des moyens suffisant que pour pouvoir vous reformer, vous faire coacher, apprendre la langue, avoir une assurance santé correcte, l’accès à une bonne éducation…

Ce portrait t’a plu ? Tu as toi aussi envie de participer à la série “Portrait de femme en expatriation” ? Envoie moi un mai à anne@expatriationaufeminin.com et raconte moi ton histoire en quelques lignes. Je te recontacterai ensuite. 🙂

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