Série “Portraits de Femmes Expatriées”

Caroline expatriée en Colombie après Barcelone, professeur d’anglais

1-Je te laisse te présenter en quelques mots…

Bonjour, je m’appelle Caroline et cela fait maintenant 17 ans que je ne vis plus en France. Après une première expatriation à Barcelone, Espagne, je suis maintenant en Colombie depuis 1 an. Pour combien de temps? Aucune idée.

 

2-Qu’est ce qui t’a amené à partir en expatriation, raconte-nous ton parcours?

Mon parcours est un peu particulier. Après être restée pour très peu aux portes d’une grande école militaire après l’obtention de mon bac, complètement déprimée, j’ai choisi la première formation avec des langues qui s’est présentée à moi, et il s’agissait d’un BTS assistant secrétaire trilingue. Lors de cette formation, il me fallait réaliser des stages à l’étranger et, ayant choisi anglais et espagnol, j’effectua le premier à Ipswich (UK) et le second à Barcelone (Espagne). Durant ce deuxième stage, j’ai rencontré la personne qui deviendrait mon mari (maintenant ex-mari) et, après l’obtention du diplôme, j’abandonnai mon idée de retenter l’école militaire ou une autre grande école et je partis le rejoindre.

Une fois là-bas, en plus de travailler en tant que secrétaire/assistante/responsable/community manager et pas mal d’autres choses, je continuai à étudier l’anglais et l’allemand, je me suis formée en dessin graphique, en réseaux sociaux, en premiers soins,… et j’étais bénévole en urgences à la croix rouge espagnole.

Après 13 ans dans la même boite, j’avais besoin d’un changement et j’ai trouvé un autre boulot dans une entreprise qui ne me convenait pas du tout, d’où je suis partie au bout d’1 an.

À ce moment, j’avais besoin de faire le vide. J’en avais bien marre d’être à Barcelone, je ne trouvais pas de job qui me plaisait et, pour culminer, cette dernière année en entreprise avait été une perte de temps pendant laquelle j’avais même perdu ma fluidité en anglais. Je suis donc partie à Miami pendant 2 mois, dans une école, pour remettre mon anglais à niveau et là-bas, j’y ai rencontré mon prof d’anglais, par hasard colombien, qui, voyant mon potentiel, me recommanda de passer le Celta pour être prof d’anglais. À mon retour à Barcelone, j’ai donc suivi son conseil et, une fois ce diplôme en main, j’ai cherché du boulot de prof d’anglais sur place. Or, les écoles de langue ne voulaient pas m’embaucher en tant que prof d’anglais car je n’étais pas née dans un pays anglophone, c’est-à-dire qu’ils préféraient embaucher une personne sans formation de prof mais qui soit née dans un pays anglophone (plusieurs me l’ont directement dit). Je me suis donc mise à chercher par internet des postes dans le monde…

 

3-Pourquoi ce pays ?

…ce qui m’a amenée en Colombie.J’ai toujours été fascinée par l’Amérique du Sud, j’ai plus d’une fois songé à y vivre, surtout après mon divorce, mais peut-être par faute de courage, je ne l’avais pas fait, je n’avais pas osé franchir le pas. C’est chose faite maintenant, et durant cette année à Quibdo, la ville la plus “pauvre”  (économiquement parlant) du pays, j’en ai profité pour continuer à étudier et passer le DAEFLE (que j’ai eu en septembre dernier) et ainsi être officiellement prof d’anglais et de français.

 

4-Qu’as-tu appris sur toi grâce à cette expérience ?

Énormément! J’ai surtout appris à être heureuse avec n’importe quel petit détail: un sourire, un lever ou coucher de soleil, finalement, à prendre la vie du bon côté et à laisser de côté le matérialisme.

 

5-As-tu rencontré des difficultés ? Quelles sont-elles ? Comment les as-tu dépassées ?

Difficultés oui. Comme je l’ai mentionné, Quibdó n’est pas la ville la plus développée de Colombie et il y a des coutumes qui continuent à me paraître étranges, mais dans l’ensemble je n’ai pas eu trop de mal à m’adapter malgré certaines mésaventures. Je suis aussi dans une région afro-colombienne où il n’est pas toujours très agréable de se faire aborder parce que je “suis blanche et que j’ai forcément de l’argent et que je peux aider à apporter des fonds”, mais j’ai appris à dépasser ces difficultés en étant sincère et fidèle à moi-même.

 

6-As-tu vécu des moments de découragement,  qu’est ce qui t’aide ou t’as aidé à rebondir ?

Je suis arrivée en février l’année dernière et avril a été dur, oui. Les premiers amis que j’avais fait sur place ont du partir et ça m’avait affecté. Mais je me suis concentrée 100% sur mes études, sur la rédaction d’un roman et d’articles sur la ville pour mon blog.

 

7-Peux-tu nous partager par quelles émotions es-tu passée ?

Avant de partir, j’étais… impatiente, assez matérialiste, froide, je m’énervais et me stressais pour tout

Une fois sur place, j’étais… incrédule de la façon dont les gens prennent les choses ici. En termes économiques, ils avaient beaucoup moins que ce que j’étais habituée mais beaucoup plus solidaires

Aujourd’hui, face à cette expérience de l’expatriation, je suis… beaucoup plus patiente et résiliente

 

8- Et ton parcours professionnel dans tout ça comment l’as-tu géré ? Partage nous.

C’est basiquement grâce à mon travail que j’ai pu m’expatrier cette fois. Et petite anecdote: depuis que j’ai 8 ans, je voulais être gendarme, policière ou militaire, et c’est ici, en Colombie où j’ai eu l’occasion de me rapprocher davantage de ce milieu puisque j’ai donné des cours d’anglais à l’école de police.

 

9-La tagline du Congrès de l’Expatriation au Féminin est « Agir pour s’épanouir», qu’est ce que ça t’évoque ? Comment y arriver ?

Certaines personnes arrivent à s’épanouir en restant chez elles, grâce à leurs enfants ou à leurs intérêts spécifiques. En ce qui me concerne, de mon expérience je tire plusieurs leçons: je ne regrette rien mais j’aurais du franchir le pas de réaliser l’un de mes rêves qui était de vivre en Amérique du Sud quand j’ai divorcé et ne pas attendre autant avant de le faire. Quand on n’agit pas en fonction de nos désirs, on finit par se morfondre sur soi-même et cela devient de plus en plus difficile de franchir le pas. Ça donne le vertige de s’expatrier comme ça, je ne dis pas le contraire, mais qui ne tente rien n’a rien: et qu’est-ce que nous voulons tous avoir? Le bonheur… il faut donc tout tenter pour y arriver. Là, j’ai décidé d’essayer de rester en Colombie (je dis essayer car il y a aussi la législation à prendre en compte: visas,…) et pour cela, j’ai pris et je prends d’énormes risques, dont celui d’avoir tout abandonné (et quasiment tout perdu) en Espagne, mais comme je l’ai dit, qui ne tente rien n’a rien.

 

 10-Et si on voyageait ensemble…

Qu’est ce qui t’a marqué en arrivant dans ton pays d’accueil ?

La différence d’interprétation de certains mots et de certaines expressions qui peuvent parfois porter à confusion et aller jusqu’à provoquer certains malentendus.

Qu’est ce que tu apprécies vraiment ?

La chaleur et la bonne humeur des gens

Qu’est ce que tu aimes moins ?

Le chaos, le manque de ponctualité

 

 11-Une anecdote à nous partager ?

Plusieurs mais la plus étrange serait peut-être celle du “paro cívico”: une grève générale dans la région, qui a duré 17 jours je crois, en mars dernier, où les manifestants réclamaient certaines choses au gouvernement central, mais leur façon de manifester ici est en musique (musique typique de la région), en dansant et en représentant des pièces de théâtre improvisées revendicatives.

 

 12-Que dirais-tu à celles qui hésitent à se lancer dans cette aventure qu’est l’expatriation ?

Ne jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même. Quelle est la pire chose qui peut vous arriver? Vous retrouver à 80 ans à vous lamenter de ne pas avoir fait telle ou telle chose. Si l’idée de l’expat vous tourne dans la tête, n’attendez pas plus longtemps. Vous ne savez jamais de quoi sera fait votre futur, donc faites ce que vous avez vraiment envie de faire (évidemment, dans le cadre de la légalité et tant que ça n’empiète pas sur la liberté des autres).

Ce portrait t’a plu ? Tu as toi aussi envie de participer à la série “Portrait de femme en expatriation” ? Envoie moi un mai à anne@expatriationaufeminin.com et raconte moi ton histoire en quelques lignes. Je te recontacterai ensuite. 🙂

Ce portrait t’a plu ? Tu as toi aussi envie de participer à la série “Portrait de femme en expatriation” ? Envoie moi un mai à anne@expatriationaufeminin.com et raconte moi ton histoire en quelques lignes. Je te recontacterai ensuite. 🙂

Réserve ta place et participe aux 11 conférences proposées par des expertes exceptionnelles !

Inscris-toi dès maintenant au Congrès International de l'Expatriation au Féminin

et participe aux 11 conférence en ligne

(possibilité de recevoir le replay)

Bravo pour ton inscription ! Rdv dans ta boite mail ;)