Série “Portraits de Femmes Expatriées”

Aude, expatriée aux Etats-Unis, l’opportunité de réinventer son métier

1-Je te laisse te présenter en quelques mots…

Bonjour, je m’appelle Aude, expatriée aux Etats-Unis depuis 5 ans. Cette expatriation est la seconde, j’ai aussi passé 2 ans en Allemagne, il y a 15 ans. Nous avons 4 enfants de 13 à 20 ans.

 

2-Qu’est ce qui t’a amené à partir en expatriation, raconte-nous ton parcours?

Nous avons saisi l’occasion de partir aux Etats-Unis car après notre expérience allemande, nous rêvions de partir à nouveau, d’aller vers l’inconnu et la nouveauté. Nous travaillions tous les deux à Paris, avec peu de possibilité d’expatriation. J’exerçais en effet comme psychothérapeute en libéral, doublé d’une activité d’analyse des pratiques dans une institution.

 

3-Pourquoi ce pays ?

Les Etats-Unis a été un choix d’opportunité, avec une possibilité de mutation pour mon mari. Nous souhaitions donner la possibilité de bien parler anglais à nos enfants.

 

4-Qu’as-tu appris sur toi grâce à cette expérience ?

Cette expérience m’a permis un renouvellement à plusieurs plans. Cela peut paraître étrange, mais cela m’a permis de « re-choisir » mon métier de psychologue, alors que j’étais arrivée épuisée car je travaillais trop en France. D’un point de vue personnel, il y a également énormément de nouveauté, le fait de partir de son environnement très connu et relativement routinier ouvre un espace pour se recréer. J’ai aussi appris à beaucoup relativiser les difficultés.

 

5-As-tu rencontré des difficultés ? Quelles sont-elles ? Comment les as-tu dépassées ?

Réinstaller sa vie et surtout sa famille est très exigeant, si effectivement nous étions heureux de ce choix de vie, il n’en reste pas moins que toute action quotidienne demande un réapprentissage. Lorsque je perdais patience, par exemple au moment de l’organisation des emplois du temps de chaque enfant, je me disais que si j’avais mis 2 ans en France à ce que chacun ait son rythme il était bien normal qu’aux Etats-Unis où l’approche des loisirs est totalement différente je mette au moins ce temps-là ! En fait j’avais un sentiment d’urgence pour que chacun trouve ce qui lui convenait, j’ai dû apprendre à ne pas tout maitriser, et à relativiser. J’ai beaucoup gagné de temps et d’énergie en acceptant qu’il me faudrait du temps.

Réapprendre peut sembler un terme un peu fort, les Etats-Unis sont un pays occidental, comme l‘était l’Allemagne, cependant j’ai mesuré en faisant les différentes démarches administratives, en ayant des enfants dans quatre écoles différentes, et un mari en déplacement dès le premier jour de la rentrée, tout ce que l’on sait intuitivement en France sur les fonctionnements des différents services, et qui nous est étranger dans un pays différent. La question dépasse la question de la langue.

Je me suis aussi attelée à l’apprentissage de l’anglais, mais là aussi l’intégration dépasse la connaissance d’une langue, au profit de la compréhension des codes relationnels du pays dans lequel on s’installe.

 

6-As-tu vécu des moments de découragement,  qu’est ce qui t’aide ou t’as aidé à rebondir ?

La première année a été compliquée, jusqu’au jour où je me suis lancée dans un projet excitant  : l’organisation d’un road trip de 2 mois, qui m’a conduite à traverser les Etats-Unis en voiture avec mes fils. La seconde année j’ai recommencé à travailler, comme psychologue pour la communauté française, puis j’ai déployé au fil des années cette activité avec des propositions différentes. Au bout de 5 ans, je travaille à temps plein.

 

7-Peux-tu nous partager par quelles émotions es-tu passée ?

Avant de partir, j’étais… un peu inquiète et très impatiente.

Une fois sur place, j’étais…j’étais très occupée, et très curieuse.

Aujourd’hui, face à cette expérience de l’expatriation, je suis…heureuse d’avoir vécu cette expérience américaine, et prête à repartir pour un autre pays si l’occasion se présente, après un petit passage en France avec mes enfants étudiants.

 

8- Et ton parcours professionnel dans tout ça comment l’as-tu géré ? Partage nous.

Lorsque nous sommes partis en Allemagne, j’ai démissionné d’un poste de Gestions de Ressources Humaines. J’ai choisi de profiter de cette expatriation pour démarrer une reconversion professionnelle, maman de 2 enfants, je ne souhaitais plus travailler avec un rythme peu compatible avec mon désir de travailler, mais d’avoir quand même la possibilité de m‘occuper de mes enfants. J’ai donc repris un cursus de psychologie de l’enfant.

En arrivant aux Etats-Unis cela faisait donc 8 ans que j’avais ma patientèle. Cela a été compliqué de renoncer à une activité que j’avais créé de toute pièce. Cela a aussi été difficile de trouver une solution pour exercer aux Etats-Unis sans avoir de reconnaissance de mon diplôme.

La reprise de mon activité a été progressive, j’ai pu commencer par aider des familles amies, puis avec l’aide d’une coach j’ai donné une autre dimension à mon activité. Obligée de recréer mon activité j’ai pu explorer des directions dans lesquelles je n’aurai jamais eu l’idée d’aller si je n’avais pas quitté la France.

 

9-La tagline du Congrès de l’Expatriation au Féminin est « Agir pour s’épanouir», qu’est ce que ça t’évoque ? Comment y arriver ?

« Agir pour s’épanouir ? » Ou bien sur ! J’ai toujours utilisé l’action dans ma vie. La première année avec ce voyage extraordinaire, que j’ai raconté dans le blog « Aperçus d’Amérique », puis avec Soignants dans le Monde où je propose un service tourné vers les personnes expatriés : des suivis thérapeutiques en local et à distance, ainsi que l’accès à un Réseau de Soignants francophones.

 

 10-Et si on voyageait ensemble…

Qu’est ce qui t’a marqué en arrivant dans ton pays d’accueil ?

L’immensité de tout. Le pays, les routes, les maisons, les voitures, les proportions alimentaires…

Qu’est ce que tu apprécies vraiment ?

La beauté de la nature

Qu’est ce que tu aimes moins ?

La dureté de la vie, le rêve américain est une illusion qui cache des réalités sociales difficiles, et décevantes dans un pays si développé.

 

 11-Une anecdote à nous partager ?

Mail de la directrice de l’école « Yeah nous ouvrons une nouvelle classe… » Quand on arrive d’une école française traditionnelle, cette simplicité de relation et de vocabulaire est bien nouvelle…

 

 12-Que dirais-tu à celles qui hésitent à se lancer dans cette aventure qu’est l’expatriation ?

En allant vivre à l’étranger, nous avons donné à nos enfants une coloration internationale, le goût de découvrir des cultures, des modes de vie différents. Les difficultés que l’on rencontre sont des forces et des savoirs que l’on développe.

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